| Extraits de presse : |
"La fiction que nous
sert, dans son dernier roman, Abdelaziz Belkhodja est un chef-d'uvre
d'humour, d'intelligence et d'ingéniosité. " "En marge de cette réflexion
politico-sociale, il y a aussi en filigrane, sous-jacente au
texte, une grande tristesse, une auto-flagellation et un désespoir
de voir le monde tomber aussi bas et accélérer
sa déchéance par la tyrannie, l'obscurantisme et
l'intégrisme. "A dévorer sans modération
!" |
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Et si c'était vrai ? ALYA HAMZA (La Presse 08/05/2003) |
La fiction que nous sert, dans son dernier roman, Abdelaziz Belkhodja est un chef-d'uvre d'humour, d'intelligence et d'ingéniosité. Elle est née, nous signale l'auteur, d'un jeu de plaisanteries entre amis, ce fameux jeu de «si» qui dans notre enfance nous menait tout droit à la conclusion : «Avec des si, on mettrait Paris dans une bouteille». «Et si c'était nous les plus forts? Et si c'était nous qui décrétions les lois, les règles, les interdits, les embargos, le sourire grince quelquefois». Mais Abdelaziz Belkhodja sait ne pas verser dans la caricature inversée et maintenir son cap. Alors ne boudons pas notre plaisir et laissons-nous prendre à son jeu. Nous sommes en l'an 2103, à Carthage . Il s'est passé beaucoup de choses que nous ignorons. Carthage, la cité idéale, a repris sa place dans le monde et irradie de grandeur, de sagesse et de puissance. Tout autour, l'Occident chrétien et l'Amérique - Wasp-white anglo-saxon puritain - se sont effondrés : une politique extrémiste et militariste, le matraquage médiatique, les manipulations génétiques et la découverte de nouvelles énergies par le Sud y ont contribué. Dans Le retour de l'éléphant - et l'on retrouve là le mythe d'Hannibal qui hante Abdelaziz Belkhodja - nous sommes dans un monde à l'envers, rempli de clins d'il et de références burlesques. Le vol d'avion qui rallie la France à la Tunisie est le Poitiers-Raf-Raf. Et dans la baie Accapulco de Sounine s'élève la statue de la liberté que Carthage a rachetée à l'Amérique après la 12e guerre du Golfe. Le jeune Américain qui débarque dans la République de Carthage la magnifique est terrorisé à l'idée d'être refoulé au contrôle de visa. C'est que l'Italie a été coupée en deux par un mur, et des centaines de milliers d'individus de l'Occident tout entier, parqués dans le camp de Rome, ne rêvent que de le franchir pour se précipiter en République de Carthage. Ils ne sont d'ailleurs pas les seuls puisque tous les étudiants de l'université de New York sont prêts à «brûler» eux aussi pour venir poursuivre leurs études à Tozeur. Les jeunes Carthaginoises dévouées ont créé, quant à elles, «Toubib sans frontières». Et tout est à l'avenant, dans une histoire fictive, mais qui se sert des bases et des références de l'histoire réelle : un consortium «Non Delenda est carthago» a restauré tous les monuments de l'époque punique et romaine, a réaménagé le port punique, a réactivé les Thermes d'Antonin alimentés par l'aqueduc de Zaghouan pour des cures de jouvance très courues et a créé un jardin expérimental de plantes aromatiques et médicinales. «Les jardins suspendus de Magon». Ce qui séduit dans ce livre, c'est, au-delà de la fiction, cohérente dans son invraisemblance, logique dans son irréalité, c'est l'humour à fleur de page, la dérision sans amertume, la justesse des références historiques. Et si tout cela n'est qu'un conte, il réussit à nous faire sourire sans que cela soit un rire jaune. Alya Hamza |
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IL TEMPO.IT Il giornale in edicola |
... attualmente la carica
di direttore generale della casa editrice Apollonia. L'autore,
membro del comitato Hannibal Club Carthage Tunisie, ha pubblicato
attraverso la stessa casa editrice, nel maggio 2002, il romanzo
«Le Ceneri di Cartagine». Nel 1994 ancora, grazie
a un'altra casa editrice, la Alyssa, raggiunse il successo con
una pubblicazione di 70 pagine (tradotta in francese, inglese
e arabo) in cui, a fumetti, veniva illustrata e raccontata la
storia di Annibale e la sfida di Cartagine. L'ultimo romanzo
«Il ritorno dell'elefante» ha riscosso in Tunisia
un forte successo di pubblico e di critica. La Presse il principale
quotidiano del paese definisce il libro «un capolavoro
di humor, intelligenza e ingegnosità». In un'intervista
rilasciata alla stampa tunisina Belkhodja racconta che l'idea
del suo ultimo lavoro è nata da un giochino ingenuo che
spesso - e un po' ovunque - si fa in compagnia di amici: il gioco
dei "se". «E se noi fossimo i più forti?
-si domanda l'autore- Se fossimo noi a definire le leggi e le
regole, i divieti e gli embarghi?». Da ciò nasce
«Il ritorno dell'elfante» da quello stesso "se"
che, durante l'infanzia di Belhodja permetteva di arrivare diritti
a una conclusione: «Con i se si potrebbe mettere Parigi
dentro una bottiglia». Oggi l'autore tunisino si è
spinto decisamente oltre. martedì 19 agosto 2003 |
| ABDELAZIZ BELKHODJA «Carthage est un domaine inépuisable !»Tunis Hebdo du 1 au 6 Juilet 2003 Culture |
Qu'est-ce
qui peut bien pousser un juriste de formation à devenir
éditeur mais aussi écrivain, auteur de bandes-dessinées
et scénariste? Sûrement un début de passion pour la communication, l'écriture et le journalisme. Et voilà comment Abdelaziz Belkhodja est devenu éditeur, écrivain, auteur de bandes-dessinées et scénariste! Du côté de l'édition, on lui doit les Editions Appolonia avec des titres comme «Alia Babbou», des chroniques comme celles de Tahar Fazaa, dont «Mellassine Story», des guides et des ouvrages sur la Tunisie, des bandes-dessinées telles qu'«Avec ou sans visa?» de Lotfi Ben Sassi. Ce qui est bien avec Abdelaziz Belkhodja, c'est qu'il s'édite lui-même! Ainsi au niveau de la B.D., il a écrit le texte et conçu «L'Affaire de Carthage», dont la seconde partie paraîtra dans moins d'un mois. Mais, il est, également et surtout, l'auteur de trois livres: «Les Cendres de Carthage» (1993), «Les Etoiles de la Colère» (1999), et, le dernier en date,«Le Retour de l'Éléphant» (2003) . Utopie et satire En ce qui concerne son dernier ouvrage, Abdelaziz Belkhodja nous a déclaré: «C'est une utopie, ce qui est rare dans le monde arabe. J'ai écrit le livre d'une manière simple. J'ai imaginé le monde parfait. L'idée est partie d'anecdotes que l'on se racontait entre amis, en se demandant comment serait le monde s'il n'était pas comme il est actuellement». Et l'auteur d'ajouter: «Les références (dans le livre) au présent sont satiriques. C'est à partir des anecdotes que s'est greffée la trame. Je ne voulais pas que la trame tue les anecdotes, ni que les personnages le fassent vis-à-vis de la satire et de l'utopie». D'autant plus que l'histoire se déroule en... 2103 (!). Ceci a été voulu par Abdelaziz Belkhodja, et ce, dans l'intention de boucler un siècle. «Tout se crée à partir du sable» Nous avons demandé à l'auteur s'il pensait que tout pouvait changer en un siècle. Sa réponse a été claire: «Je suis fondamentalement optimiste, idéaliste. Je pense que même en 20 ans on peut changer. J'ai l'impression de vivre dans le provisoire. On ne se sent pas complètement vivre. Pour moi, le provisoire se fonde dans l'éternel». Engagé dans ses idées, Abdelaziz Belkhodja nous a déclaré: «L'espoir est à gauche. La réalité est à droite !». Dans «Le retour de l'Éléphant», tout s'est créé à partir du sable et grâce au «cristalliseur» d'un certain Taj. Et telle la formule biblique «Tu es né poussière et tu retournes à la poussière», «... il suffisait d'utiliser telle ou telle dose pour cristalliser plus ou moins le sable. Ainsi, il fut possible, avec le même produit, traité à une dose différente, de tout construire et fabriquer (...) tout redevenait poussière dès que l'on en avait plus besoin». C'est ce qu'a écrit l'auteur en pages 74 et 75 de son livre avant de continuer: «C'est grâce à cette nouvelle révolution solaro-environnementale que la République de Carthage et à sa suite l'ensemble de l'Afrique du Nord puis du monde à l'époque «Arabo-musulmane» sont sortis de leur état d'inferiorité». Métaphore ! A travers son ouvrage, Abdelaziz Belkhodja a essayé de s'imaginer le paradis sur terre. Il nous a déclaré: «Ma conception du monde et du religieux est très claire. Je ne me pose pas beaucoup de questions par rapport au divin. Je désire le bien-être pour tous. Quand je fais référence aux Atlantes, c'est une métaphore». Cette métaphore se ressent surtout dans ce passage: «(...) Un mythe qui se dévoile est comme une religion qui meurt. L'utopie de l'Atlantide est le plus grand mystère, le plus grand rêve de l'humanité. Platon parlait d'une cité sage, savante, juste et magnifique. Cette découverte risque de détruire le vieux rêve de la cité idéale» (p140). Ne vous étonnez pas de trouver très peu de descriptions dans «Le Retour de l'Éléphant», car, comme nous l'a dit l'auteur : «Aujourd'hui, l'être humain est bombardé d'images. Je ne veux pas influencer le lecteur afin de lui laisser une marge d'imagination». Une puissance évocatrice ! Tout comme dans «les Cendres de Carthage» ou «L'Affaire de Carthage», Abdelaziz Belkhodja rend hommage à la ville créée par Alyssa-Didon en 814 avant J.C. Et l'auteur de s'en expliquer: «Carthage est une civilisation qui n'a pas eu sa décadence. Elle a été détruite en 146 avant Jésus-Christ alors qu'elle était florissante. Carthage est une puissance évocatrice, une cité qui était prospère. Elle possédait une vie économique, politique et culturelle riche. Carthage n'est pas une ville, c'est un musée vivant une idée fragile et puissante qui n'a jamais disparue ! Carthage est un domaine inépuisable!» Et d'ajouter: «J'aime beaucoup l'Histoire car on y sublime les personnages. Les enfants et les jeunes devraient être en relation avec l'histoire car c'est un domaine d'imaginaire». Des projets Abdelaziz Belkhodja n'en a pas fini avec Carthage, puisque, outre la deuxième partie de «L'Affaire de Carthage», il compte réaliser une fresque sur cette grande cité et sa civilisation et une histoire illustrée sur Alyssa pour les jeunes. Une autre idée de livre commence à poindre dans son esprit, celle de l'histoire de jeunes où se mélangeront richesse et pauvreté, amour, amitié et fraternité; «une histoire assez proche de ce que vivent les jeunes aujourd'hui». En attendant, d'ici la fin de l'année, la sortie du film «L'Odyssée» de Brahim Babaï, dont il est le scénariste, Abdelaziz Belkhodja est en «pourparlers» pour que son second livre, «Les Etoiles de la Colère», soit mis à l'écran. Z.H |
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Zouhour Harbaoui TUNIS HEBDO |
LE RETOUR DE L'ÉLÉPHANT (De Abdelaziz Belkhodja) |
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LE MONDE A L'ENVERS T. Fazaa, Tunis Hebdo |
«On reste interdit
qu'Hannibal après Cannes, n'ait pas foncé sur Rome.
S'il l'avait fait, nous nous vanterions aujourd'hui de descendre
des Carthaginois».
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| BABELMED 2004 |
Le Retour de l'éléphant, de Abdelaziz Belkhodja Abdelaziz Belkhodja nous prévient dès la première page, voici un livre engagé: dans cinquante ans, le pétrole des arabes sera épuisé. Cent ans d'or noir, la plus grande fortune de l'histoire, ils l'auront dilapidée, comme le font les héritiers écervelés au lieu d'élever leur communauté au firmament de la civilisation. Et l'auteur de se lancer dans une fiction qu'il veut être l'antithèse de cette fatalité. Pour cela, il emploie le mode de la fiction et du renversement symétrique des situations. Largement utilisée dans l'histoire de la littérature, cette double recette est ici poussée à ses limites extrêmes. En cette année 2103, la République de Carthage a retrouvé sa puissance d'il y a plus de deux millénaires, tandis que l'Occident - Europe comme Etats-Unis s'est effondré. Dès lors, l'auteur se délecte du détail cocasse, fruit d'une observation minutieuse des sociétés arabes d'aujourd'hui. Les passagers européens des aéronavettes ont la fâcheuse habitude de se lever avant l'arrêt complet de l'appareil et se font remettre au pas, le Carthaginois éduqué aide l'Européen illettré à remplir sa fiche de débarquement, tandis que les étudiants américains et européens sont prêts à «brûler» - lire «émigrer clandestinement» - pour pouvoir étudier à l'Université de Tozeur, un sommet universitaire hors de prix. Ces renversements fictifs de situation nous font allègrement passer du comique de situation - ainsi l'Organisation de Libération des Bouches du Rhône, qui caillasse les camions carthaginois d'aide humanitaire au grincement de dents plus politique ainsi la caricature des douaniers américains: Il faut qu'ils te tapent, qu'ils t'emmerdent et si jamais, dans ton inconscience, tu projettes de réaliser un projet, ils exigent 80 autorisations, il faut que tu graisses la patte à toute une population de profiteurs. Et si tu n'as pas de relations, tu attends toute ta vie. Sur sa lancée, l'auteur
se prend à rêver, par le truchement de la voix du
guide électronique du Musée d'Histoire de Bizerte
qui retrace l'évolution vers l'idéale République
de Carthage: La corruptionavait pour source la profusion d'interdictions
et d'autorisations administratives. Celles-ci donnaient à
des agents de l'Etat sous-payés l'occasion de s'enrichir
illégalement. C'est à partir du moment où
un libéralisme sain, basé sur la liberté
d'entreprise et l'institution d'un contrôle a posteriori
exercé par une autorité judiciaire indépendante,
que la corruption n'a plus trouvé de terrain favorable.
Il nous éclaire aussi - la fiction a de ces vertus! - sur le fait que les chefs d'Etat du Nord ressemblent désormais aux tyrans plus ou moins éclairés de la fin du XXe siècle. Les médias sont devenus les courroies de transmission de la propagande politique et il n'y a plus eu d'opposition ou d'élections libres depuis 2065. Qui plus est, en Europe, les dictateurs locaux font des scores électoraux «saddamiques» et cette situation n'a d'égale que l'extrême appauvrissement intellectuel de populations de plus en plus soumises aux Etats clientélistes et policiers. A l'inverse, la République de Carthage a instauré des lois fondamentales inimaginables de nos jours au Nord comme au Sud: liberté d'expression absolue, mandat présidentiel unique et limité à trois ans, minimum de 5 candidats, juges élus à vie et jouissant de la gratuité de tout ce qu'ils désirentToutes ces dispositions sont inamovibles. Dans ce joyeux désordre, Belkhodja nous montre un solide sens de l'observation des sociétés occidentales et arabes, assorti d'un penchant débridé pour l'élucubration fictionnelle. Le tout nous rapproche parfois vertigineusement d'une sensation de déjà vu, déjà vécu. Mais il nous avait prévenu dès la première page: Ce livre est une uvre de pure fiction. Les noms, les personnages, les lieux, les organisations et les incidents évoqués sont les produits de l'imagination de l'auteur, ou sont utilisés dans un contexte fictif. Ouf! On avait eu peur! |