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Circonstances
de la signature du traité d'alliance:
Il
a été signé après le triomphe d'Hannibal
à Cannes, par le général carthaginois et
les représentants de Philippe V de Macédoine qui
redoutait alors les dangers imminents de l'impérialisme
romain. Tout semble autoriser l'attribution de ce texte à
Hannibal lui-même qui l'aurait dicté à l'un
de ses historiographes, ou peut-être, au scribe de service
lors de la réunion officielle en présence de ses
collaborateurs et de la délégation macédonienne
dirigée par Xénophanes, fils de Cléomachos
d'Athènes, au nom du roi Philippe, fils de Démétrios
et au nom des Macédoniens et de leurs alliés.
Texte
du traité
"Serment
qu'ont prêté le général Hannibal,
Magon, Myrcanos, Barmocaros, tous les sénateurs carthaginois
qui accompagnent Hannibal et tous les Carthaginois qui servent
auprès de lui, entre les mains de Xénophanès,
fils de Cléomachos, d'Athènes, ambassadeur que
nous a envoyé le roi Philippe, fils de Démétrios,
en son nom, en celui des Macédoniens et celui de leurs
alliés.
Devant Zeus, Héra et Apollon, devant le Génie de
Carthage, Héraclès et Iolaos, devant Arès,
Triton, Poséidon, devant les dieux qui accompagnent notre
armée, le Soleil, la Lune et la Terre, devant les fleuves,
les lacs et les eaux, devant tous les dieux qui possèdent
Carthage, devant tous les dieux qui possèdent la Macédoine
et le reste de la Grèce, devant tous les dieux de l'expédition
qui, quels qu'ils soient, président à ce serment,
le général Hannibal a dit, avec tous les sénateurs
carthaginois qui l'accompagnent et tous les Carthaginois qui
servent auprès de lui, que, pour tout ce qui paraîttra
bon à nous et à vous, nous prêtions ce serment
d'amitié et dévouement de bon aloi, qui nous fait
amis, parents et frères, aux conditions suivantes: le
roi Philippe et les Macédoniens, et tous les autres Grecs
qui sont leurs alliés, protègeront les Carthaginois
souverains, leur général Hannibal, ceux qui l'accompagnent,
ceux qui dépendent de Carthage et suivent les mêmes
lois, les gens d'Utique, toutes les cités et tous les
peuples sujets de Carthage, nos soldats et nos alliés,
toutes les cités et tous les peuples qui sont nos amis,
en Italie, en Gaule et en Ligurie, et tous ceux qui deviendront
nos amis et nos alliés dans ce pays. Le roi Philippe et
les Macédoniens, et les autres Grecs, qui sont leurs alliés,
seront protégés et gardés par les Carthaginois
qui servent avec nous, par les gens d'Utique, par toutes les
cités et tous les peuples sujets de Carthage, par nos
alliés et nos soldats, par tous les peuples et toutes
cités d'Italie, de Gaule et de Ligurie, et par tous les
autres qui deviendront nos alliés dans ces régions
en Italie. Nous ne formerons pas de projet hostile les uns contre
les autres, ni ne nous tendrons de piège les uns aux autres;
de tout notre coeur et notre bonne volonté, sans ruse
et sans arrière-pensée hostile, nous serons les
ennemis de ceux qui font la guerre aux Carthaginois, sauf des
rois, cités et peuples auxquels nous unissent des serments
et des liens d'amitié. Nous serons, nous aussi, les ennemis
de ceux qui font la guerre au roi Philippe, sauf des rois, cités
et peuples auxquels nous unissent des serments et des liens d'amitié.
Vous nous assisterez aussi dans la guerre qui nous oppose aux
Romains, jusqu'à ce que les dieux nous donnent et vous
donnent le succès. Vous nous aiderez autant qu'il en sera
besoin et que.nous en serons d'accord. Quand les dieux nous auront
accordé le succès dans la guerre contre Rome et
ses alliés, si les Romains demandent à conclure
un traité d'amitié, nous le conclurons, en précisant
que la même amitié s'étendra à vous,
aux conditions suivantes: les Romains ne devront jamais entreprendre
de guerre contre vous, ils renonceront à la possession
de Corcyre, d'Apollonie et Épidamne, de Pharos, de Dimalè
et du pays des Parthiniens, de l'Atintanie. Ils rendront, en
outre, à Démétrios de Pharos tous ses amis
qui sont dans l'État romain. Si les Romains entreprennent
une guerre, contre vous ou contre nous, nous nous aiderons mutuellement
dans cette guerre selon le besoin de chacune des deux parties.
De même encore contre tout autre, sauf les rois, cités
et peuples auxquels nous unissent des serments et des liens d'amitié.
Si nous décidons d'amender le texte de ce serment en retranchant
ou ajoutant, nous retrancherons ou ajouterons d'un commun accord".
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