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AUTRES
BATAILLES
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1/LE TESSIN
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bataille du Tessin se déroula en fait au nord de la rive
gauche du Pô, dans la boucle assez profonde que décrit
le fleuve entre la Sesia et le Ticino, et à peu près
à égale distance entre ces deux affluents. On situe
en général aux environs de Lomello ce qui fut surtout
un engagement préliminaire de cavalerie. Les deux armées
avaient établi leurs camps assez près l'un de l'autre.
Comme Scipion était parti avec ses cavaliers et ses lanceurs
de javelot pour reconnaitre les forces ennemies, il se heurta
à Hannibal qui venait aussi avec sa cavalerie explorer
les alentours. Au premier choc, les jaculatores, surpris par
la rapidité de la charge adverse, se replièrent
par les couloirs ménagés entre les escadrons de
la cavalerie romaine. Hannibal avait placé au centre sa
cavalerie lourde, flanquée sur les ailes par les Numides,
qui étaient chargés d'envelopper l'ennemi. Ce fut
ce qui se produisit. Les Numides, après avoir débordé
la ligne romaine, se rabattirent sur ses arrières et écrasèrent
les lanceurs de javelot. Quant aux cavaliers romains, après
avoir longtemps tenu tête à la cavalerie africaine,
au centre, et lui avoir infligé de lourdes pertes, ils
tournèrent bride lorsqu'ils se virent attaqués
sur leurs arrières par les escadrons de Numides et prirent
la fuite par petits groupes. |
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2/LATREBIE
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Dans l'espace qui
séparait les deux armées, Hannibal avait remarqué
un endroit qui, pour être plat et sans arbres, ne s'en
prétait pas moins à une embuscade, à cause
d'un ruisseau encaissé, aux berges assez abondamment garnies
de broussailles et de plantes des marais pour pouvoir dissimuler
même des cavaliers. L'emplacement de l'embuscade est très
probablement à rechercher dans le lit d'un des ruisseaux
qui coulent à cet endroit parallèlement au cours
passablement sinueux et fragmenté en multiples petits
bras de la Trébie: le rio Colomba ou le rio Gerosa. Au
soir d'un des tout derniers jours de décembre, on était
à la veille du solstice d'hiver, Hannibal convoqua son
état major, en présence de son jeune frère
Magon, et lui exposa son plan. Puis, prenant Magon à part,
il lui confia un commando de deux cents hommes, cent à
pied et cent cavaliers, qu'il avait sélectionnés
lui-même au cours de la journée. Chacun de ces hommes
étant allé se choisir neuf compagnons d'armes,
ce fut au total un détachement de mille fantassins et
de mille cavaliers qui alla se poster en embuscade sous le commandement
de Magon. Au petit jour, Hannibal rassembla sa cavalerie numide
et lui fit franchir la Trébie, avec pour consigne d'aller
caracoler devant le camp romain en lançant des javelots
sur les postes de garde. Ils devaient ensuite, en se retirant,
entrainer l'ennemi à passer le fleuve.
La provocation réussit au-delà de toute espérance.
Sempronius fit aussitôt sortir sa cavalerie et son infanterie
légère - les jaculatores: six mille hommes-, puis
mit enfin en route l'ensemble de son armée. Il tombait
ce jour-là une pluie de neige fondue qui transperçait
de froid jusqu'aux os des hommes qui étaient sortis à
jeun de leurs tentes. Lorsqu'à la poursuite des Numides
les fantassins s'engagèrent dans la rivière, ils
se trouvèrent avec de l'eau jusqu'aux aisselles et en
sortirent transis, presque incapables de tenir leurs armes. À
l'inverse, les hommes d'Hannibal avaient mangé tranquillement;
ils s'étaient assoupli les membres avec l'huile et la
graisse que leurs chefs leur avaient fait distribuer, et ils
s'étaient armés devant les feux allumés
autour des tentes. Les conditions du combat faisaient ainsi pencher
en faveur des Carthaginois une balance que la seule considération
des forces en présence permettait de tenir pour égale.
Sempronius alignait les effectifs de deux armées consulaires,
soit quatre légions, auxquelles s'ajoutaient les contingents
alliés, c'est-à-dire en tout un peu plus de quarante
mille hommes. De son côté, aux vingt-six mille hommes
qui lui restaient après la traversée des Alpes,
Hannibal avait ajouté des contingents gaulois qui portaient
son effectif total à prés de quarante mille hommes.
Mais cette quasi-égalité numérique était
trompeuse. Scipion, lors de l'engagement du Tessin, avait déjà
pu constater à ses dépens qu'Hannibal disposait
d'un avantage tactique considérable, sa cavalerie, forte
de plus de dix mille hommes - si l'on comptait les Gaulois venus
en renfort; en face des quatre mille cavaliers romains.
Hannibal avait envoyé en avant les frondeurs baléares
et l'infanterie légère armée de piques,
soit environ huit mille hommes, puis il était sorti lui-même
avec le reste de ses troupes. Après s'être avancé
à une distance d'un kilomètre et demi de son camp,
il avait déployé sur une seule ligne son infanterie
lourdement armée: environ vingt mille hommes, Ibéres,
Gaulois, Africains. Les dix mille cavaliers étaient partagés
en deux corps, placés aux ailes, ainsi que les éléphants,
en avancée. On peut estimer à quelque trois kilomètres
la largeur du front ainsi constitué. En face, après
avoir rappelé sa cavalerie qui s'épuisait en vain
à la poursuite des Numides, Sempronius avait adopté
l'ordre de bataille habituel: l'infanterie au centre, les fantassins
lourdement armés couvrant la première ligne, les
escadrons de cavalerie aux ailes. Alors qu'au centre les deux
infanteries lourdes se battirent longtemps au corps à
corps sans résultat décisif, les ailes du front
de Sempronius cédèrent assez vite sous la pression
de la cavalerie carthaginoiss, plus nombreuse et plus puissante,
ainsi que sous les coups de boutoir des éléphants.
La cavalerie romaine, en pliant, laissait à découvert
les flancs de l'infanterie, dès lors assaillie pat les
piquiers et les Baléares armés de javelots. C'est
alors que les hommes postés en embuscade sous la conduite
de Magon sortirent de leur cachette et vinrent se jeter sur les
arrières de l'infanterie romaine au centre, ajoutant encore
au désartoi. Les Romains, rappelons-le, combattaient le
dos à la rivière, et le souvenir de leur traversée,
au petit matin glacé, ne les incitait pas à renouveler
l'expérience. Seule était possible la fuite en
avant: plusieurs unités de l'infanterie légionnaire,
au centre, réussirent à percer la ligne carthaginoise,
en causant de lourdes pertes aux Africains et surtout aux Gaulois
qui leur faisaient face. Au nombre d'environ dix mille, ces rescapés
purent se regrouper et atteindre Plaisance en bon ordre. Des
fantassins qui combattaient aux ailes et qui furent massivement
massacrés au voisinage de la Trébie par les cavaliers
et les éléphants, seul un petit nombre put s'échapper,
ainsi que le gros de la cavalerie, et rejoindre l'autre troupe
à Plaisance. |
3/TRASIMÈNE
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Le
Carthaginois avait émergé des marais de l'Arno
prés de Fiesole, avant que Flaminius, campé près
d'Arezzo, n'ait eu vent de son arrivée. Le consul romain
avait ainsi laissé passer son unique chance d'agir seul
avec quelque espérance de succès, qui eût
été de surprendre l'ennemi au débouché
de la montagne, ou mieux encore au sortir des marais. L'armée
carthaginoise une fois remise de ses épreuves, sa supériorité
numérique, notamment pour ce qui était de la cavalerie,
la mettait normalement à l'abri d'une attaque avant que
les deux consuls n'aient rassemblé leurs forces. Hannibal
le savait, et il en avait assez appris aussi sur Flaminius pour
savoir comment peser sur les décisions de cet homme orgueilleux
et trés sensible à l'opinion publique. Descendant
vers le sud à partir de Fiesole, il pilla, mit à
sac et ravagea par le feu toute la riche région de Chianti,
pratiquement sous les yeux du consul romain, qui ne pouvait se
résoudre à voir sans réagir monter dans
le ciel des campagnes étrusques la fumée des granges
et des récoltes incendiées. Un spectacle difficilement
soutenable pour un dirigeant qui avait dès les débuts
de sa carrière bâti sa réputation sur une
politique agraire. Quittant alors ses cantonnements, Flaminius
se mit à suivre l'armée d'Hannibal en guettant
une occasion favorable pour l'attaquer. Quand Hannibal se fut
engagé dans le Val di Chiana, faisant mine de se diriger
vers Rome, Flaminius fit mouvement vers Cortone; mais subitement
le Carthaginois obliqua vers l'est, dans la direction de Pérouse,
laissant les montagnes de Cortone à sa gauche. Un soir
de la fin de juin, Flaminius vit l'armée ennemie disparaître
dans l'étroit défilé qui s'ouvre à
l'est de Borghetto entre la berge nord du lac Trasimène
et les contreforts du mont Gualandro.
Passé le défilé de Borghetto, on voit s'élargir
sur une profondeur de deux à trois kilomètres la
petite plaine côtière de Tuoro, de nouveau fermée,
vers l'est, par les hauteurs de Montigeto. Au-delà, les
collines qui surplombent le lac ne laissaient plus qu'un cheminement
très étroit sur sa rive, jusqu'à Torricella,
avant que la route n'oblique vers le sud-est en direction de
Pérouse. C'est là qu'Hannibal mit en place une
véritable souricière.
Hannibal, après s'être engagé dans le défilé
de Borghetto, avait parcouru la petite plaine côtière
de Tuoro et avait établi son camp derrière les
hauteurs de Montigeto. Il avait embusqué là ses
troupes les plus solides, les Africains et les Ibéres.
L'infanterie légère garnissait, elle, les pentes
des collines qui faisaient face au lac, du côté
de Vernazzano. Enfin, à hauteur de Tuoro, les Gaulois,
et juste après la sortie du défilé de Borghetto
la cavalerie, tous dûment dissimulés, fermaient
cette nasse dans laquelle allait aveuglément se jeter
avec son armée le consul romain.
Flaminius, après avoir vu Hannibal s'engouffrer dans la
passe de Borghetto, avait établi son camp, tard le soir,
à proximité immédiate, sur la rive du lac.
Au petit matin du lendemain - c'était le 21 juin, jour
du solstice d'été, le consul s'avança avec
son armée dans la passe de Borghetto sans se faire précéder
par des éclaireurs. Au début de la matinée,
un épais brouillard venu du lac en noyait les rives. Lorsque
la plus grande partie de la colonne romaine se fut engagée
dans la petite plaine côtière, au moment où
l'avant-garde arrivait au contact de ses Africains et de ses
Ibéres, Hannibal donna à toutes ses unités
embusquées le signal de l'attaque. Le manque de visibilité,
contrecarrant tous les efforts des officiers - centurions et
tribuns - pour mettre en hâte la colonne en ordre de bataille,
accrut encore le désarroi. En l'espace de trois heures,
Flaminius vit périr autour de lui quinze mille hommes.
Il tomba lui-même frappé d'un coup de lance par
un Gaulois. Le pire sort fut sans doute celui des troupes de
l'arrière-garde romaine, qui avaient juste eu le temps
de s'engager dans le défilé de Borghetto, sans
pouvoir déboucher dans la plaine de Tuoro. Repoussés
dans le lac par la cavalerie carthaginoise, les soldats s'y noyèrent,
alourdis par leurs armures, ou furent massacrés dans l'eau
par les cavaliers. De toute l'armée consulaire, seuls
environ six mille hommes des avant-gardes, qui avaient pu percer
le mur formé par les Africains et les Ibéres, réussirent
à s'échapper de la nasse et, une fois parvenus
sur les hauteurs, le brouillard s'étant dissipé,
mesurer l'étendue du désastre. Après s'être
regroupés, ils se réfugièrent dans une localité
voisine, près du lac de Plestia, où Maharbal, envoyé
à leur poursuite avec les Ibéres et les piquiers,
les fit peu après prisonniers. |
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