
Le
sol de la terrasse de la maison de la Volière est aujourd'hui
couvert d'un grand pavement où les panneaux de mosaïques
alternent avec des panneaux de marqueterie de marbre. Ce pavement
provient d'une maison antique qui a été découverte
ailleurs et fut transféré dans cette esplanade.
Il est constitué de deux parties: d'une part la bordure
qui est illustrée d'une scène de chasse d'amphithéâtre
sur le mode de la parodie: en effet les venatores, c'est-à-dire
les chasseurs, sont des enfants travestis, chassant des animaux
sauvages en proportion: petits quadrupèdes, chats et lapins.
Ceci n'empêche pas la férocité des combats.
Le tableau central lui-même est constitué par un
décor en échiquier utilisant deux techniques musivales,
l'opus sectile qui est une incrustation de marbres polychromes
et le musivum opus, c'est-à-dire la mosaïque. Chaque
case de 60 cm de côté est traitée alternativement
selon l'une ou l'autre technique; l'une illustre une composition
géométrique polychrome, l'autre des tableaux représentant
des personnages ou des chevaux de course.
Sur les 98 tableaux, 62 seulement sont conservés. Chaque
représentation efst accompagnée d'une scène
complémentaire tirée de la mythologie et formant
un rébus dont le thème permet de deviner le nom
du coursier. Cet ensemble de tableaux constitue une sorte de catalogue
de chevaux destinés probablement à perpétuer
le souvenir d une course de cirque mémorable organisée
par les quatre factions habituelles, -les bleus, les verts, les
blancs, les rouges- sous la présidence du magistrat de
la ville et aux frais de riches propriétaires. Elle témoigne
des passions des Carthaginois pour les jeux de cirque et du goût
de l'aristocratie au Bas-Empire.
L'ensemble de cette mosaïque décorait la grande salle
d'apparat d'une villa qui a été découverte
lors du percement d'une route passant au pied de l'Édifice
dit à colonnes, à Carthage.