Cette villa romaine, fouillée en 1903-1904, et restaurée
entre 1930-1940, a fait l'objet dune mise en valeur ces dernières
années en raison de la qualité de son architecture
et de sa situation topographique Par sa visite, le spectateur
peut joindre l'utile et l'agréable. C'est une villa patricienne
d ou le panorama est largement dégagé sur le paysage.
La vue s'étend sur le rivage de Carthage et le golfe de
Tunis depuis le Cap Sidi Bou Said jusqu au sommet du Bou Kornine.L'emplacement de la villa est strictement délimité par les rues parallèles et perpendiculaires de la cadastration urbaine: entre les kardines VIII et IX, à l'est et à l'ouest, et l'importante voie decumanus V, au sud, qui monte depuis le rivage vers la colline de l'odéon. L'îlot ainsi délimité mesure 35 x141 m. La villa de la volière en occupe seulement le quart, soit environ 1200 m2. |
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L'architecture
de la maison a tiré le meilleur parti du relief. Située
presque au sommet de la colline, elle s'élève sur
un palier horizontal obtenu au prix d'importants terrassements.
Dominant d'un côté, grâce à un grand
mur de soutènement sur le kardo est VIII, elle est adossée,
de l'autre côté, à une longue galerie souterraine
qui s'enfonce sous le kardo IX. Autour de la maison, les rues
qui suivent le relief assurent la liaison et la communication
avec les différentes entrées de la demeure.A l'intérieur, le plan de la maison se divise en deux parties d'égale superficie. La première est organisée autour d'un péristyle. C'est une cour centrale à ciel ouvert entourée sur ses quatre côtés par un portique supporté par une colonnade et donnant successivement sur chacun des côtés, sur l'aile noble, le cryptoportique, une terrasse, enfin le mur mitoyen de la seconde partie de la maison. L'aile noble comprenait à l'origine une belle salle et une salle à manger précédée d'un vestibule. |
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Un autel aux dieux domestiques trônait dans l'axe
et un couloir comportant un escalier permettait d'accéder
à l'étage supérieur. L'ensemble de ces pièces
était pavé de diverses mosaïques. Les transformations
modernes ont remanié ce plan initial, qui a été
simplifié. Le centre de la cour était occupé
par un jardinet tandis que l'espace entre l'octogone du jardin
et le carré du péristyle était pavé
d'une belle mosaïque polychrome décorée de
fleurs, fruits, quadrupèdes et volatiles, en particulier
des paons. Le décor de cette mosaïque dont l'original
est conservé au musée du Bardo, a donné
son nom à la villa.Deux grandes citernes sous cette cour, recueillaient les eaux pluviales provenant des terrasses. La seconde partie de la maison s'organise autour d'une salle d'apparat. De grande dimension, cette salle de réception était encadrée de part et d'autre d'une aile constituée de deux pièces de service et de l'autre côté d'une pièce précédée d'un genre de balcon donnant sur le paysage. |
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Cette
pièce d'apparat s'ouvre largement au nord sur un portique
et donne sur un grand bassin dont le bord frontal
a l'aspect d'un pulpitum de théâtre: alternance
de cavités, tantôt carrées tantôt semi-circulaires
encadrant un plan d'eau alimenté dans le mur de fond par
une série de cascatelles déversant l'eau contenue
dans des réservoirs. C'est là toute la configuration
d'une scène de théâtre; une scène
aquatique animée de fleurs, de plantes, de jets et de
chutes d'eau s'offrait ainsi à la vue du maltre de céans
et de ses invités.Colonnes, piliers, chapiteaux, corniches, en pierre, et en marbre ainsi qu'une multitude de pavements en marbre et qn mosaique rehaussaient le décor architectural de cette belle demeure aristocratique où les espaces de réception et d'accueil rivalisaient en richesse et en confort. En contrebas des murs de soutènement, à l'angle du decumanus V et du kardo EX se trouvaient des soupentes et des appentis servant soit d'habitation pour le personnel domestique, soit comme boutiques. |