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Toujours
à partir du sommet de la colline de Byrsa, faisons un tour
périphérique limité à la presqu'île.
Succédant à l'agglomération de la Goulette,
vient le Kram, puis le quartier de Salammbô: les deux bassins
des anciens ports s'y miroitent, entourés d'arbres et de
constructions. Plus à droite, le vieux village de Douar
Chott, autour de sa modeste et vénérable mosquée.
En poursuivant le regard à droite, s'étend une vaste
zone archéologique couverte de cultures. Là se dressaient
le cirque et l'amphithéâtre.
À gauche du versant oriental de la colline jusqu'au rivage,
le quartier résidentiel de Dermech. Au milieu d'une agglomération
de villas entourées de jardins, quelques parcelles ont
échappé à l'urbanisation. Les fouilles récentes
ont permis de mettre au jour plusieurs ensembles de vestiges:
ceux d'une basilique et ses alentours en bas de la colline, et
ceux d'un quartier punique en bordure de mer. Plus au nord, toujours
le long du rivage, s'élèvent les restes des thermes
d'Antonin qui comptent parmi les plus imposants de l'empire romain.
La restitution d'une grande colonne en granit permet de donner
une idée de la hauteur de l'édifice.
Plusieurs siècles d'exploitation ne sont pas arrivés
à annihiler l'impression de sa splendeur passé.
À partir de ces thermes, la ligne du rivage s'élève
et prend du relief, elle culmine majestueusement au Cap Carthage-Sidi
Bou Said.
Sur le versant méridional de la colline de Borj Jedid qui
surplombe l'édifice thermal, se situe aujourd'hui le palais
présidentiel.
Au sommet de la colline sont blotties les grandes citernes d'eau
qui alimentaient les bains. Plus loin, dominant le ravin rouge
d'Amilcar, la basilique de Saint-Cyprien. A mi-pente de ce ravin,
d'autres grands bassins dits de Dar Saniet qui captaient une source.
En haut du promontoire apparaît le blanc village de Sidi
Bou Said.
Faisant face à la colline de Junon; jumelle de Byrsa à
l'ouest, le plateau de l'odéon. Le théâtre
en occupe le versant méridional, l'odéon, le sommet.
Tout un quartier de villas romaines, en partie dégagées,
couvre le secteur. La plus remarquable de ces villas, dite de
la Volière, mérite la visite en raison de son architecture
ordonnée autour de la colonnade de son péristyle
et de sa terrasse qui permet de jouir d'un merveilleux panorama
sur le golfe. En contrebas de ce plateau, au nord-ouest, dans
le repli d'un vallonnement au milieu des champs, les vestiges
de la plus grande basilique chrétienne de Carthage: Damous
El Karita.
Plus loin,
au sommet d'un monticule, les restes de la basilique Majorum.
Enfin, plus à gauche, à l'entrée du site
pour ceux qui arrivent de Tunis par la grande route, les vastes
citernes de la Malga sur une petite hauteur. Elles étaient
alimentées par l'aqueduc de Zaghouan, long de 132 km.
Au-delà, c'est la plaine de la Marsa, l'ancienne Mégara.
"C'était à Mégara, faubourg de Carthage,
dans les jardins d'Amilcar..." ainsi débute le fameux
roman de Salammbô de G. Flaubert.