Il n'est de meilleur poste d'observation et aussi d'évocation
pour saisir le théâtre d'une si longue épopée
que de monter au sommet de la colline de Byrsa. De là,
le visiteur peut contempler un vaste panorama et, en se promenant
à pied, fouler les restes des civilisations qui ont perduré:
un quartier punique, sous-jacent aux restes du forum romain,
une ex basilique chrétienne, et occupant les bâtiments
d'un ancien scolasticat, le musée où sont conservés
et exposés les antiques témoignages recueillis
dans les fouilles depuis plus d'un siècle. Auparavant,
faisons un tour d'horizon. Depuis le belvédère
de l'esplanade, on aperçoit au lointain une chaîne
de hauteurs barrant l'horizon au sud-est: sur le versant de l'une
d'elles s'élève Tunis. |
|
Son agglomération s'étend jusqu'aux
rives de la Béhira, vaste lac salé qui baigne la
presqu'île de Carthage.La plaine de la Soukra lui succède: zone de jardins et de verdure à proximité de l'aéroport. De l'autre côté de la Béhira, à gauche, sur une bande de terre longue et étroite, s'est établie et développée La Goulette, premier port de Tunisie. Le promontoire de Sidi Bou Saïd domine l'entrée du golfe, tandis que le port de La Goulette en marque le fond; à l'arrière-plan, la montagne du Bou Kornine. Sur ces quelques kilomètres de rivage, l'histoire de la Tunisie n'a cessé de battre depuis trois millénaires. Phéniciens, puniques, romains, vandales, byzantins, arabomusulmans, croisés, espagnols, turcs et français, autant de vagues montantes et descendantes d'une grande pulsation cyclique. |