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HASSEN BELKHODJA
l'hommage des écologistes

Avec le
Commandant Cousteau, à l'île de La Galitte en 1977
Hassan
Belkhodja a été conduit lundi 30 novembre 1981 à
travers les rues de Ras Jebel jusqu'à sa dernière demeure.
Cette terre qui lui était si chère et dont il a défendu
si jalousement la préservation du patrimoine.
Mais parmi les milliers de personnes qui ont suivi le cortège,
peu - y compris ses intimes -imaginaient l'action qu'il a menée
inlassablement depuis 1974, en faveur de la protection de la nature et
de l'environnement.
Si Hassan a participé au printemps 1975 à l'Assemblée
générale constitutive de l'Association «Les Amis des
Oiseaux» dont il fut depuis le président d'honneur. C'est
en sa qualité de ministre de l'Agriculture que de 1974 à
1979, il apporta soutien total et encouragement à l'ATPNE (Association
Tunisienne pour la Protection de la Nature et de l'Environnement) dont
il présida plusieurs assemblées générales
et aux «Amis des Oiseaux».
Durant cette période, la législation tunisienne en matière
de protection de la faune sauvage a connu un développement exemplaire.
Si Hassan savait mieux que tout autre qu'une législation ne vaut
que par son application et c'est pourquoi Il y veillait tout particulièrement.
A ce propos nous avons encore en mémoire une action d'éclat
de Hassan Belkhodia : c'était en 1978, un Emir d'un riche pays,
accompagné d'une suite imposante de fauconniers et de serviteurs,
débarqua un jour dans le Sud-Tunisien pour chasser au faucon sacré,
l'outarde «houbara», oiseau rare en voie d'extinction dans
plusieurs pays et strictement protégé en Tunisie. Notre
Association dépêcha son vice-président auprès
de Si Hassan dont le bureaux était toujours ouvert aux visiteurs.
Sitôt mis au courant il appela au téléphone le gouverneur
de Medenine et à celui-ci qui lui signalait qu'il s'agissait d'un
«Grand Emir», Si Hassan rétorqua "Amir fi bladou",
il est Emir chez lui... mais pas en Tunisie.
A l'époque l'affaire fit grand bruit au niveau le plus élevé.
Si Hassan tint bon et l'Emir ne chassa pas au faucon sacré. Il
dût plier bagage et partir chasser ailleurs qu'en Tunisie. Preuve
s'il en faut des qualités de l'homme politique responsable des
acquis de son pays et du militant jaloux de sa souveraineté au
niveau de tous les problèmes auxquels il avait à faire face.
Pendant que plusieurs milliers de personnes se recueillaient autour de
la modeste Zaouia où il repose désormais, le ciel de Ras
Jebel, à l'orage depuis dimanche matin s'est découvert,
et les passereaux sédentaires et migrateurs hivernants, venus de
très loin, passaient et repassaient au-dessus de la foule recueillie,
rendant à leur façon un dernier hommage à leur ami
disparu.
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AT.P.N.E. Les Amis des Oiseaux
Ami des hommes tant il avait érigé le bienfait et le service
des autres en sacerdoce, Si Hassan aimait également et protégeait
cette terre qui était sienne.
Cette terre avec toutes les composantes de son écosystème,
il s'y consacra dès la prise en charge des destinées de
l'Agriculture.
A la tête de ce département où il exerça un
long ministère, il déploya des efforts remarquables, et
se consacra avec la plus bienveillante attention aux problèmes
de la protection de la nature et de l'environnement.
Si Hassan fut le premier, au plus haut niveau de responsabilité
à mettre sur pied un système institutionnel et opérationnel
dans ce domaine. Il fut l'un des premiers à y croire.
A l'écoute de nos associations, tant l'«Association Tunisienne
pour la Protection de la Nature et de l'Environnement», que les
«Amis des Oiseaux», il ne cessa de leur accorder audience
et de leur apporter les encouragements efficaces.
Il sut donner, tout d'abord aux cinquante mesures qu'elle proposaient,
puis aux interventions qu'elles sollicitaient, la crédibilité
et l'efficacité à l'échelle nationale.
Si Hassan se voulait continuellement disponible comme si le sort d'une
espèce menacée, le péril d'une nappe de pétrole
ou tout autre menace de pollution le préoccupaient particulièrement
au point de le trouver à son bureau ou à son domicile mobilisé
au même titre que ses collaborateurs et que nos millitants.
En symbiose avec les instances des Nations Unies (Programme des Nations
Unies pour l'Environnement) Si Hassan avait su placer la Tunisie dans
l'arène des nations qui avaient fait de leur devise «Une
Seule Terre» et qui uvraient pour l'avènement d'un
nouvel ordre écologique international. Les experts de toutes les
nations, les grands seigneurs de la lutte écologiques comme le
Commandant Cousteau qu'il avait personnellement tenu à accompagner
à «La Galite» aussi soucieux qu'il était du
sort d'une espèce en extinction (Le phoque de Méditerranée)
que d'une nouvelle espèce d'élevage ovin... tous ces hommes
avec nous se rappelleront et salueront la mémoire de celui qui,
Ministre de l'Agriculture sut être aussi un grand ami de la terre,
un protecteur de sa faune et de sa flore.
L'adieu des Ecologistes
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